C’est à l’occasion des Journées Portes Ouvertes de la Société Civile, organisées par Save the Children, en partenariat avec le CERAP et l’ONG Social Justice, dans le cadre du Projet d’Appui à la Société Civile (PASCI) financé par l’Union Européenne du 30 au 31 juillet 2025 à Bouaké , que Tairu Kaberu, membre de la Commission d’Accès à l’Information et TICs de la Plateforme de la Société Civile Ivoirienne pour le PGO ( PSCI-PGO), nous a accordé un entretien pour éclairer le public sur le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO ou OGP).
À travers ses explications claires, il revient sur les principes fondateurs de ce mécanisme mondial, les engagements de la Côte d’Ivoire, ainsi que les possibilités d’implication concrète des collectivités locales et des organisations de la société civile.
Une rencontre riche en enseignements pour mieux comprendre comment transparence, participation citoyenne et redevabilité peuvent transformer la gouvernance publique à tous les niveaux.
Qu’est-ce que le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) ?
Le PGO est une initiative lancée en 2011 pour renforcer la gouvernance à travers quatre piliers fondamentaux :
- la transparence,
- la participation citoyenne,
- la lutte contre la corruption,
- et l’accès à l’information.
Quand un pays adhère au PGO, il s’engage à respecter certains principes, comme l’adoption de lois d’accès à l’information, la participation des organisations de la société civile, ou encore la transparence budgétaire.
Comment ce mécanisme fonctionne-t-il concrètement ?
Tous les deux ans, les pays membres élaborent un Plan d’Action National, dans lequel ils définissent des engagements précis. Ces engagements sont co-construits avec la société civile lors de consultations publiques organisées à travers le pays. Les préoccupations des citoyens sont recueillies, analysées, puis intégrées si elles répondent aux critères du PGO.
Un comité interministériel dirigé par le Premier ministre supervise ce processus, appuyé par un comité technique, le CTOGP, dirigé par le ministère du Commerce.
Et au niveau local, comment cela se passe-t-il ?
Il existe aussi une déclinaison locale du PGO : l’OGP Local. Les collectivités peuvent volontairement postuler pour intégrer le dispositif. En Côte d’Ivoire, la commune de Ouélé a été la première sélectionnée. Elle s’est engagée sur deux ans à :
- garantir l’accès à l’information au niveau communal ;
- impliquer les citoyens dans les décisions locales ;
- lutter contre la corruption ;
- mettre en œuvre un budget participatif, où une partie du budget communal est affectée aux projets proposés directement par les citoyens.
Quels sont les avantages pour une collectivité d’adhérer au PGO ?
Cela permet d’obtenir plus facilement des financements, comme celui reçu par la commune de Ouélé de la part de l’AFD (Agence Française de Développement). Cela renforce aussi la légitimité des élus locaux, améliore la gouvernance, et surtout, cela rapproche les citoyens de la gestion publique.
Pourquoi d’autres collectivités ne s’engagent-elles pas encore ?
Souvent, c’est par méconnaissance ou par hésitation. C’est pourquoi le rôle des organisations de la société civile est essentiel : il faut approcher les élus, leur expliquer les avantages, et proposer de co-construire des projets ensemble. Le PGO ne se limite pas à des déclarations : il exige des actions concrètes, des consultations publiques, des retours vers les citoyens et une véritable redevabilité.
Un mot de conclusion ?
L’engagement dans le PGO est une opportunité pour améliorer durablement la gouvernance, aussi bien au niveau national que local. Il appartient à la société civile, aux élus et aux citoyens de s’en saisir ensemble. Car, comme on le dit souvent : « Quand vous êtes ensemble, vous êtes forts. »