Méagui:Conférence des directeurs et chefs de services : l’IFEF et le CPPE exposent leurs difficultés au préfet.
La salle de conférence Jacques Attry Kouakou de l’Hôpital général de Méagui a abrité, le mercredi 21 janvier 2026, la première réunion des directeurs et chefs de services du département. Cette rencontre s’est tenue sous la présidence de Monsieur PAHA Timothée, préfet du département de Méagui.
À l’ordre du jour, la présentation de deux structures relevant du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) : l’Institution de Formation et d’Éducation Féminine (IFEF) et le Centre de Protection de la Petite Enfance (CPPE) de Méagui.
Les exposés ont été assurés par Madame Kouassi Akissi Michaelle épouse Balé, directrice de l’IFEF, et Monsieur Kouakou Koffi Evrard, directeur du CPPE.
Après le mot de bienvenue et l’ouverture officielle de la séance par le préfet, la parole a été donnée à Madame Balé qui a présenté les deux structures suivant un plan structuré comprenant l’introduction, les missions, l’organisation et le fonctionnement, la gestion administrative, les moyens matériels, les difficultés rencontrées, les doléances et la conclusion.
Dans son introduction, la conférencière a indiqué que le MFFE est représenté à Méagui par ces deux structures ouvertes en 2023, sous la tutelle de la Direction régionale du MFFE de la Nawa. L’IFEF et le CPPE partagent actuellement les mêmes locaux situés au quartier Kato.

Les IFEF, a-t-elle expliqué, sont des structures d’éducation non formelle destinées aux femmes et jeunes filles âgées d’au moins 16 ans. Elles visent leur autonomisation et leur insertion socioprofessionnelle afin de favoriser leur pleine participation au développement socio-économique du pays. Leurs actions reposent sur quatre valeurs fondamentales : l’éducation/formation, la disponibilité et la responsabilité, l’adaptation et la collaboration.
Quant au CPPE, il s’agit d’une structure éducative chargée de l’accueil et de la prise en charge, en journée, des enfants âgés de 0 à 5 ans. Il concourt à leur épanouissement physique, moral et cognitif, favorise l’intégration des enfants à besoins spécifiques et soutient les parents dans la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Les services de garde sont organisés par tranches d’âge, allant de 3 mois à 36 mois, tandis que l’éducation préscolaire concerne les enfants de 3 à 5 ans.
Abordant l’historique, Madame Balé a rappelé que la création des IFEF remonte à 1958, avec l’ouverture des premiers foyers féminins. La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui environ 140 IFEF réparties sur l’ensemble du territoire national. À Méagui, leur implantation répond notamment à la lutte contre la déscolarisation des jeunes filles et les grossesses en milieu scolaire, facteurs de grande vulnérabilité.
Toutefois, la directrice de l’IFEF a longuement insisté sur les nombreuses difficultés auxquelles les deux structures font face. Il s’agit notamment de l’exiguïté des locaux, du manque de commodités, de l’insuffisance de personnel, de matériel didactique, informatique et bureautique, de l’absence de tables et chaises pour les enfants, de sanitaires adaptés, ainsi que du déficit de moyens financiers pour la sensibilisation des populations.
La cohabitation entre l’IFEF et le CPPE est également rendue difficile par le bruit généré par les activités des enfants, tout comme la proximité d’ateliers de mécaniciens. Les salles de classe sont jugées inadaptées, notamment en raison de la forte chaleur liée à l’absence de plafonds. À cela s’ajoute un problème de salubrité, la ruelle jouxtant les locaux étant régulièrement transformée en dépotoir par des riverains.
Face à cette situation, plusieurs doléances ont été formulées, notamment la concrétisation du projet de construction de l’IFEF promis par la mairie de Méagui, la construction d’un CPPE sur un site distinct et mieux adapté aux besoins des enfants, l’appui de la mairie pour l’enlèvement des ordures, ainsi qu’un soutien financier pour mener des campagnes de sensibilisation de masse. Madame Balé a également souhaité l’implication de tous les directeurs et chefs de services pour mieux faire connaître l’existence de ces structures aux populations.

En conclusion de la présentation, la directrice a réaffirmé l’engagement quotidien de l’IFEF et du CPPE de Méagui à servir les populations, malgré les contraintes matérielles et humaines. Une intervention fortement applaudie par les participants.
Prenant la parole au nom du préfet, Monsieur N’Guessan Kouakou Jean-Maurice, secrétaire général de la préfecture, a salué la qualité de la présentation et félicité les conférenciers. Il a souligné que cette initiative du préfet vise à une meilleure connaissance des services du département et à la recherche de solutions concertées aux difficultés rencontrées.
Les échanges qui ont suivi ont été marqués par des messages de soutien et de nombreuses propositions. La directrice des services socioculturels et de la promotion humaine de la mairie de Méagui a annoncé que les services techniques seraient saisis pour la question de la salubrité. Elle a également confirmé que la construction du nouveau bâtiment de l’IFEF est inscrite au budget communal 2026.
De son côté, Monsieur Adou Thomas, directeur départemental de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, et président de l’ADCAM, s’est dit satisfait de la présentation et a formulé des recommandations pour améliorer le fonctionnement des deux structures.
Clôturant la rencontre, le secrétaire général de préfecture a remercié l’ensemble des participants pour leur mobilisation, salué la présence des sous-préfets de Méagui et de Gnamadji, et assuré que les doléances exprimées seront transmises aux autorités compétentes pour des solutions rapides.
SERI BECKEN
