
Droit international humanitaire et paix : Abidjan accueille la 8ᵉ Conférence Humanitarium
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les partenaires de l’Initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire ont réuni, le jeudi 8 octobre 2026 à Abidjan, des acteurs diplomatiques et humanitaires autour des enjeux de la protection des personnes et du rétablissement d’une paix durable dans les conflits armés.
Abidjan a accueilli, le jeudi 8 octobre 2026, la 8ᵉ édition de la Conférence Humanitarium, consacrée au thème « Droit international humanitaire et Paix ». Organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en partenariat avec les ambassades de l’Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine et de la France en Côte d’Ivoire, cette rencontre s’est tenue au Centre de conférences du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, sous le haut patronage de la ministre d’État Nialé Kaba. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer le respect du droit international humanitaire (DIH) et de créer les conditions nécessaires à une paix durable, avant, pendant et après les conflits armés.

Deux panels de haut niveau ont structuré cette édition. Le premier, consacré à l’« Armement, désarmement humanitaire et paix en Afrique », a mis en évidence l’importance d’intégrer les enjeux liés aux armes dans les politiques nationales, y compris en période de paix. Les discussions ont notamment souligné la nécessité de prévenir la prolifération des armes, d’harmoniser les législations nationales avec les instruments juridiques internationaux et de renforcer le contrôle des processus d’acquisition et de transfert d’armes.
Le second panel, axé sur la « Protection des personnes et processus de paix », a mis l’accent sur le respect du droit international humanitaire dans la conduite des hostilités. Cette exigence constitue un levier important pour faciliter la désescalade des conflits, favoriser le dialogue et préparer le retour à la paix ainsi que la reconstruction après les crises.

Représentant la ministre d’État à l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Dr Nahoua Yeo, a rappelé que la bonne application du droit international humanitaire pouvait contribuer à créer les conditions propices à la désescalade, au dialogue, au rétablissement de la paix et à la réconciliation d’après-guerre.
De son côté, le chef de la délégation régionale du CICR à Abidjan, Lorenzo Redalié, a insisté sur la nécessité de traduire les engagements des États en actions concrètes. Il a notamment souligné que l’écart entre l’acceptation du droit international humanitaire et son respect effectif sur le terrain rendait urgente une meilleure protection des personnes touchées par les conflits. Cette préoccupation prend une dimension particulière dans un contexte marqué par la multiplication des conflits armés. Selon les données mentionnées dans le communiqué du CICR, plus de 120 conflits armés actifs sont recensés dans le monde, dont plus de 50 en Afrique, soit environ 40 % du total mondial.
Lancée en 2017, la Conférence Humanitarium constitue un cadre de réflexion sur les défis liés au respect du droit international humanitaire dans les conflits contemporains et sur les solutions susceptibles d’améliorer son application. Cette 8ᵉ édition s’inscrit également dans le prolongement de l’Initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du DIH, lancée le 27 septembre 2024 par l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, le Kazakhstan et le CICR. Plus de 100 États, dont la Côte d’Ivoire, ont rejoint cette initiative.
En marge de la conférence, la ministre d’État Nialé Kaba a reçu une délégation conduite par le premier responsable du CICR à Abidjan. Elle a salué la tenue de ces assises et exprimé ses remerciements aux participants.
À travers cette rencontre, les acteurs présents ont réaffirmé l’importance de faire du droit international humanitaire un instrument concret de protection de la dignité humaine et un levier de consolidation de la paix, particulièrement en Afrique, où les populations continuent de subir les conséquences des conflits armés.

